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Forme artistique et place du public

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Les artistes se nourrissent des exploits des aventurières, absorbent leurs personnalités combattantes, amoureuses, orgueilleuses,
audacieuses et racontent une histoire écrite dans l’espace de la ville. La déambulation urbaine transporte le public d’un lieu à un autre,
retranscrivant au mieux l’atmosphère d’une telle aventure.
Le public est complice :
- par l’interactivité entre l’artiste et le public : les interprètes prennent à parti, troquent, donnent, cherchent dans le public, étiquettent.
- par l’intervention d’un baron. Tout d’un coup, un quidam du public se trouve être un porteur.
- par l’intégration de personnes du public. Choisis, passés en revue, ils accompagnent Alexine vers son bivouac. Ils jouent aussi les
spectateurs d’Osa, lui jetant billets et fleurs.
Le spectateur est emmené au coeur de l’aventure.
Le spectateur est placé dans l’éveil et l’étonnement permanent du voyageur dans sa propre ville.
Une écoute, un état d’alerte qui lui permettront d’aller à la rencontre de l’autre, et de voir
sa ville différemment.
Sorti de son regard routinier, il se transforme en aventurier militant, recherche
les curiosités recelées dans la ville. Il voit d’un autre oeil l’arbre
de la place où se déchaîne une aviatrice, où se déguise
une aristocrate du voyage. Il envisage une
placette comme un terrain
d’aventure et son immeuble
comme un sommet à gravir.

Le tour du monde des exploratrices est symbolisé par le cercle :
la circumnavigation du vélo à voile, le rond de la crinoline, le cercle du tricotin et celui du cerceau.
Le final est circulaire, donnant à voir et à entendre les actions et les paroles de ces voyageuses.
Le fil rouge est rouge : side car du vélo, robe de la crinoline, nappe damassée du palanquin,
écrivant dans la cité une invitation au voyage au fil des rues.
L’histoire est racontée par le cirque, la danse, les disciplines artistiques.
La création musicale originale accompagne le spectacle, avec des morceaux de guitare electrique en live.
Les seules paroles que nous entendrons sont celles de Nellie, polyglotte qui harangue la foule avec
son porte voix, et Osa, qui interroge le public en anglais. Jane s’extasie en latin et une bande-son en
swahili accompagne Alexine. Le spectacle se fraie un chemin dans les axes de la ville. Le parcours évolue dans
la cité, et s’impose sur les rues, les arbres, les places. Les exploratrices surgissent de la rue, de l’espace aérien,
elles partent à l’assaut, escaladent, parcourent la jungle des villes.Un rendez-vous est donné. Ensuite,
le public explore lui aussi sa ville différemment et découvre l’aventure au féminin.
Une rencontre en amène une autre, les exploratrices disparaissent ensuite pour mieux ressurgir sur le final,
avec la rencontre des personnages et de la ville.
Les exploratrices ont leur place dans la cité car elles donnent
à lire les lieux habituels comme de possibles voyages.